Gestion des sites pollués et terrains à passif - ICPE/ADR
Vous êtes ici: Gestion des sites pollués » Généralités » Le traitement d'un site pollué
4. LE TRAITEMENT D'UN SITE POLLUE
4.1. Objectifs de la réhabilitation
Lorsque le diagnostic de la pollution est établi, et que le risque est évalué, il convient de déterminer si des actions curatives s'imposent, avant de choisir éventuellement une filière de décontamination. C'est la notion d'objectif. La définition des objectifs de la dépollution pose un problème très délicat : ils doivent représenter la meilleure adéquation entre :
1. Le niveau de réhabilitation souhaité, fonction soit de l'usage futur du site, soit du risque présent ;
2. L'environnement naturel du site ;
3. La qualité de vie des populations riveraines ;
4. Les contraintes technico-financières.
Les objectifs de dépollution diffèrent selon les approches retenues pour la définition m'me des sites pollués :
- Selon l'approche spécifique, très ponctuelle, les objectifs sont basés sur une étude d'évaluation détaillée - qualitative et quantitative - des risques réels de la pollution pour permettre une adéquation optimisée du traitement en termes de coûts et de délais ;
- Avec l'approche par usage, l'objectif est de ne rétablir que les fonctions indispensables du sol pour son usage actuel ou envisagé : souvent qualifiés de " provisoires ", ce sont des objectifs à court et moyen terme.
C'est l'approche par usage qui a été retenue par
Une récente circulaire du ministère de l'Environnement du 10 décembre 1999 relative aux sites et sols pollués et aux principes de fixation des objectifs de réhabilitation apporte la précision suivante : l'analyse des risques de transferts de la pollution vers l'homme et l'environnement ne peut s'appuyer sur la seule réalisation de mesures, mais nécessite le recours à une modélisation mathématique.
Une attention particulière doit être portée à la maîtrise des risques pour la santé humaine. Les doses de substances toxiques auxquelles les personnes sont exposées ou sont susceptibles d'être exposées doivent être quantifiées. Lorsqu'une dose admissible est connue, les doses auxquelles les personnes sont exposées, en tenant compte de l'apport de l'environnement, doivent être inférieures à la dose admissible. Pour les substances cancérigènes sans seuil, un risque résiduel de 0,00001, correspondant aux recommandations de l'organisation mondiale de la santé, doit être retenu comme seuil maximal pour la fixation des objectifs de dépollution. Cet objectif signifie que pour une personne exposée durant la vie entière, la probabilité de contracter un cancer doit être inférieure à 1 pour 100 000. Par précaution, un risque inférieur sera retenu dans la fixation des objectifs de réhabilitation si les techniques disponibles permettent de l'atteindre à un coòt économiquement acceptable.
Dans le cadre de la maîtrise des risques pour l'environnement, la prévention des risques de transferts de pollution vers les nappes souterraines constitue une priorité.
Ainsi, lorsque le diagnostic est établi et le risque évalué, et avant d'envisager une filière de décontamination, il conviendra de décider si des actions curatives de réhabilitation s'imposent ou non. Dans l'affirmative, et la décision prise en concertation entre les différents acteurs impliqués ne présume généralement pas des techniques ou des actions qui en découleront, on définira un objectif visant à imposer un état environnemental de référence vers lequel il faudra tendre tout au long du processus de réhabilitation.
4.2. Les techniques de réhabilitation
Les méthodes de dépollution diffèrent selon les objectifs fixés. Elles visent à immobiliser, à détruire ou à remobiliser le polluant pour une extraction. Les milieux ciblés - zone non saturée, frange capillaire, zone saturée - sont traités avec plus ou moins d'efficacité selon la méthode retenue.
Les techniques de réhabilitation sont classées en deux grandes catégories :
1. Les procédés ex situ : la contamination est traitée, après extraction du milieu traité, dans des installations externes ;
2. Les procédés in situ : le traitement de la pollution se fait sur place. Cette catégorie se subdivise en deux sous groupes :
- Le traitement in situ stricto sensu, où le milieu à traiter est laissé en place ;
- Le traitement on site, où le milieu est préalablement extrait de son environnement - excavation, pompage - avant d'être traité puis remis dans son environnement.
La classification des techniques de traitement des sols contaminés est présentée dans le logigramme.
Les techniques par destruction : relativement plus onéreux que d'autres techniques, ces procédés atteignent une efficacité de décontamination généralement supérieure, et plus constante. En s'affranchissant des paramètres hydrogéologiques locaux, les conditions de traitement sont maintenues de façon optimale pour une optimisation de la dépollution ;
Les techniques par neutralisation/détoxication : procédés physico-chimiques mettant en œuvre des réactions d'oxydoréduction, de déchloration ..., ils nécessitent souvent un traitement complémentaire des sols ou des effluents. Peu exploités in situ, ils permettent cependant de traiter les sols à haut degré de contamination, et d'extraire une vaste gamme de polluants. A l'inverse, les procédés biologiques ne s'attaquent qu'aux pollutions organiques. Malgré les progrès récents de la génétique et de la microbiologie, ces procédés ont un rayon d'action limité, des temps réactionnels longs, et sont particulièrement sensibles à la présence d'autres polluants, les métaux lourds par exemple.
Les techniques par séparation/extraction : basés sur la chaleur pour détruire, encapsuler, résorber, extraire, volatiliser, vaporiser, ou décomposer les contaminants, ou basés sur des techniques de dissolution dans un fluide qui est ensuite récupéré puis traité, ces procédés ont généralement pour résultat une diminution significative du volume de déchets à traiter, en concentrant la contamination dans un faible volume ;
Les techniques par immobilisation : technologie relativement récente dans le traitement des sols pollués, ces procédés modifient peu les propriétés toxiques des contaminants, mais surtout limitent, voire bloquent leur migration dans le sol. Ils sont souvent utilisés pour le traitement des pollutions par métaux lourds, de sorte que le sol pollué est transformé en un déchet solidifié et stabilisé qui peut être laissé en place, ou stocké dans un centre d'enfouissement technique de classe I. Ces procédés sont généralement peu appréciés des autorités administratives, et la question subsiste sur leur comportement à long terme.
Les techniques par confinement : là où les technologies de traitement ne peuvent être mises en œuvre pour des raisons techniques ou économiques, le confinement permet d'isoler la source de pollution à l'aide de matériaux argileux et/ou synthétiques. Le confinement entraîne généralement des contraintes, notamment l'obligation d'assurer une surveillance régulière par des puits de contrôle et l'obligation de traiter les éventuelles eaux de lixiviation. Se pose par ailleurs la question de la pérennité du confinement au plan environnemental.
| Route de Saint Paul 60155 RAINVILLIERS Tél : 03 44 82 84 82 Fax : 03 44 82 84 72 |
35, Quai du Waut 59000 LILLE Tél : 03 28 38 80 70 Fax : 03 28 38 80 71 |
Plan du site |
